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Périnée pendant la grossesse - les bons réflexes

Margot Lecomte

Margot Lecomte

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27 mai 2026

Illustrations montrant des exercices pour le périnée femme enceinte : étirement, massage et renforcement.

Le périnée peut devenir plus sensible pendant la grossesse, entre le poids de l’utérus, les changements hormonaux et la préparation de l’accouchement. Je vous propose ici des repères concrets pour entretenir le plancher pelvien, apprendre à le relâcher, limiter les pressions inutiles et savoir quand demander l’avis d’une sage-femme, d’un kinésithérapeute ou d’un médecin.

Les bons réflexes pour préserver son périnée pendant la grossesse

  • Contracter et relâcher les muscles du périnée avec une respiration normale.
  • Le relâchement est aussi important que le renforcement, surtout en vue de l’accouchement.
  • Éviter de pousser en bloquant la respiration ou en portant une charge trop lourde.
  • Consulter rapidement en cas de fuites, de pesanteur pelvienne, de douleur ou de contractions inhabituelles.
  • La rééducation postnatale se personnalise après l’accouchement et ne se remplace pas par des exercices improvisés.

Pourquoi le périnée est davantage sollicité pendant la grossesse

Le périnée est un ensemble de muscles qui soutient la vessie, l’utérus et le rectum. Il participe aussi à la continence, à la stabilité du bassin et à la sexualité. Pendant la grossesse, il doit supporter progressivement le poids du bébé, du placenta et du liquide amniotique.

Les hormones rendent les tissus plus souples et le centre de gravité se déplace. La toux, la constipation, les efforts répétés ou les activités avec impacts peuvent alors augmenter la pression vers le bas. Cela ne signifie pas qu’un périnée est forcément « fragile », mais qu’il doit apprendre à se contracter au bon moment puis à se détendre complètement.

Dans ma pratique, je constate que beaucoup de femmes associent exclusivement le périnée à la force. Or un muscle constamment contracté peut provoquer une gêne, des douleurs pendant les rapports ou rendre la poussée moins efficace le jour de l’accouchement. Le bon objectif n’est donc pas de serrer en permanence, mais de retrouver un contrôle souple et précis.

Les exercices périnéaux les plus utiles pendant la grossesse

Avant de commencer, vérifiez que votre grossesse ne présente pas de contre-indication particulière à l’activité physique. En cas de doute, demandez conseil à votre sage-femme ou à votre médecin. Les exercices doivent rester indolores et faciles à intégrer au quotidien.

Apprendre à identifier les muscles

Installez-vous assise ou allongée sur le côté, le dos détendu. Imaginez que vous voulez retenir un gaz puis une envie d’uriner, sans serrer les fesses ni rentrer fortement le ventre. Vous devez sentir une légère fermeture et une remontée autour du vagin et de l’anus, puis un retour net au relâchement.

Ne testez pas la contraction en interrompant régulièrement le jet d’urine. Cette méthode peut perturber la vidange de la vessie. Elle peut éventuellement servir à identifier les muscles une seule fois, mais l’entraînement doit se faire en dehors des toilettes.

Travailler les contractions lentes

Lorsque le mouvement est bien identifié, contractez progressivement pendant environ 5 secondes, puis relâchez pendant 5 à 10 secondes. Répétez 6 à 8 fois, une fois par jour au départ. La qualité du relâchement compte davantage que le nombre de répétitions.

La respiration doit rester fluide. Si vous bloquez l’air, serrez les cuisses ou sentez une pression vers le bas, réduisez l’intensité. Un exercice bien réalisé laisse une sensation de contrôle, pas de fatigue excessive ni de tension persistante.

Ajouter quelques contractions rapides

Les contractions courtes préparent le périnée aux petits efforts brusques, comme éternuer, tousser ou se relever. Faites 4 à 6 contractions rapides, en relâchant complètement entre chacune. Une ou deux séries suffisent, car la répétition mécanique n’apporte pas forcément de meilleurs résultats.

Le réflexe utile consiste à contracter doucement juste avant de tousser ou de soulever un objet léger, puis à relâcher après l’effort. Cette coordination, parfois appelée « verrouillage périnéal », est souvent plus utile dans la vie quotidienne qu’un entraînement très intense.

Ne pas oublier le relâchement

Après chaque série, prenez trois respirations lentes en imaginant que le périnée descend et s’élargit. Vous pouvez pratiquer cette sensation en position assise, jambes décroisées, ou à quatre pattes si cette posture est confortable. Pour l’accouchement, savoir laisser les muscles s’ouvrir est aussi important que savoir les contracter.

Femme enceinte en position de pont sur un tapis, renforçant son périnée.

Les soins quotidiens qui réduisent la pression sur le plancher pelvien

Les exercices ne compensent pas toujours de mauvaises habitudes répétées. Pour protéger cette zone, je commence généralement par trois points simples, souvent plus efficaces qu’un programme compliqué : respirer, éviter de pousser et traiter la constipation.

Respirer pendant les efforts

Se relever d’une chaise, porter un sac ou monter un escalier ne devrait pas s’accompagner d’un blocage prolongé de la respiration. Expirez pendant l’effort et évitez de rentrer brutalement le ventre. Cette coordination limite l’augmentation de pression dans l’abdomen et rend le mouvement plus confortable.

Prévenir la constipation

La poussée répétée aux toilettes sollicite fortement le périnée. Buvez régulièrement, augmentez progressivement les fibres et bougez selon les possibilités indiquées par votre équipe médicale. Un repose-pieds placé sous les pieds peut aussi faciliter une position plus physiologique, avec les genoux légèrement plus hauts que les hanches.

Lire aussi : Rectocèle - Est-ce grave ? Symptômes et solutions efficaces

Adapter l’activité physique

La marche, la natation, le vélo stationnaire et le renforcement adapté sont souvent compatibles avec une grossesse sans complication. En revanche, les impacts, les sauts et les charges lourdes peuvent nécessiter une adaptation, surtout si apparaissent des fuites, une pesanteur ou une douleur pelvienne.

La Haute Autorité de Santé recommande d’adapter l’activité à la situation médicale et au trimestre de grossesse. Une activité adaptée entretient la condition physique, mais elle ne doit jamais être poursuivie malgré un symptôme nouveau. Le périnée donne ici un signal utile, pas une note à ignorer.

Ce qu’il vaut mieux éviter pour ne pas aggraver les symptômes

Le premier piège est de contracter très fort et très souvent, comme si le périnée devait rester fermé toute la journée. Le deuxième consiste à faire les exercices en apnée. Dans les deux cas, la pression peut augmenter et les muscles peuvent perdre leur capacité à se relâcher.

  • Ne poussez pas volontairement vers le bas pendant les exercices.
  • Ne serrez pas les fesses, les adducteurs ou les abdominaux de manière excessive.
  • N’utilisez pas d’accessoires vaginaux sans avis professionnel.
  • Ne commencez pas de massage périnéal interne sans vérifier le moment approprié et l’absence de contre-indication.
  • Ne reprenez pas une activité avec sauts ou impacts si des fuites ou une pesanteur persistent.

Le massage périnéal en fin de grossesse peut être proposé dans certaines situations, notamment pour préparer les tissus à l’accouchement vaginal. Il ne convient toutefois pas à toutes les femmes et ne doit pas être réalisé en cas de saignement, perte de liquide, infection, douleur ou risque obstétrical particulier sans validation médicale.

Quand demander un bilan auprès d’un professionnel

Une consultation est pertinente si vous avez des fuites urinaires ou anales, une sensation de boule ou de pesanteur dans le vagin, des douleurs pendant les rapports, une difficulté à relâcher les muscles ou une douleur persistante au pubis et au bassin. Ces symptômes ne sont pas forcément graves, mais ils méritent une évaluation personnalisée.

La sage-femme ou le kinésithérapeute peut vérifier la respiration, la mobilité du bassin, la force et surtout la capacité de relâchement. L’accompagnement ne se limite pas à des contractions manuelles. Il peut inclure des conseils de posture, des exercices fonctionnels, un travail sur la constipation et une préparation aux poussées.

Arrêtez l’exercice et contactez rapidement votre équipe médicale en cas de saignement, perte de liquide, contractions régulières douloureuses, malaise, essoufflement inhabituel, douleur thoracique ou diminution des mouvements du bébé. Ces signes ne relèvent pas d’un simple entraînement périnéal.

L’Assurance Maladie rappelle que les techniques de rééducation sont choisies selon les symptômes et peuvent associer prise de conscience musculaire, exercices ciblés, biofeedback ou conseils comportementaux. Après la naissance, la rééducation prescrite doit être reprise progressivement, avant le retour aux sports à impacts.

Un périnée bien préparé reste mobile et adaptable

Pour résumer, je conseille de pratiquer peu, mais régulièrement : quelques contractions lentes, quelques contractions rapides et un vrai temps de relâchement. Ajoutez une respiration libre, une bonne gestion du transit et une adaptation des activités dès l’apparition d’une gêne.

La grossesse n’exige pas de rechercher une performance musculaire. Elle demande surtout un périnée capable de soutenir, réagir et s’ouvrir au moment opportun. Si vous ne sentez pas correctement les muscles ou si les exercices déclenchent une douleur, un bilan avec une sage-femme ou un kinésithérapeute sera plus utile qu’un programme trouvé au hasard.

Questions fréquentes

Commencez par 6 à 8 contractions lentes d’environ 5 secondes, suivies de 5 à 10 secondes de relâchement, une fois par jour. Vous pouvez ajouter 4 à 6 contractions rapides en relâchant complètement entre chacune. Respirez normalement et réduisez l’intensité si vous ressentez une pression vers le bas ou une tension persistante.

Un périnée constamment contracté peut provoquer une gêne, des douleurs pendant les rapports ou rendre la poussée moins efficace à l’accouchement. Après chaque série, prenez trois respirations lentes en imaginant que les muscles descendent et s’élargissent. La capacité à s’ouvrir est aussi importante que la force.

Expirez pendant les efforts comme se relever, porter un sac ou monter un escalier, sans bloquer la respiration. Prévenez aussi la constipation en buvant régulièrement, en augmentant progressivement les fibres et en utilisant si besoin un repose-pieds aux toilettes. Adaptez les activités avec impacts si des fuites, une pesanteur ou une douleur apparaissent.

Demandez un bilan en cas de fuites urinaires ou anales, de sensation de boule ou de pesanteur, de douleurs pendant les rapports, de difficulté à relâcher les muscles ou de douleur persistante au bassin. En cas de saignement, perte de liquide, contractions régulières douloureuses, malaise, douleur thoracique ou diminution des mouvements du bébé, contactez rapidement votre équipe médicale.
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constipation respiration activité physique accouchement rééducation postnatale

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Autor Margot Lecomte
Margot Lecomte
Je m'appelle Margot Lecomte et j'ai six ans d'expérience dans le domaine de la kinésithérapie, de la rééducation et de la performance sportive. Mon intérêt pour cette discipline est né de ma volonté d'aider les autres à retrouver leur mobilité et à optimiser leur potentiel physique. J'aime explorer les différentes méthodes de rééducation et les techniques de performance, et je trouve particulièrement gratifiant d'accompagner les sportifs dans leur parcours, qu'il s'agisse de prévenir des blessures ou d'améliorer leur condition physique. Dans mes écrits, je m'efforce de rendre des sujets parfois complexes accessibles et compréhensibles. Je vérifie toujours mes sources et compare les informations pour offrir un contenu fiable et actualisé. Mon objectif est de partager des connaissances claires et utiles, afin que chacun puisse mieux comprendre son corps et les enjeux liés à la kinésithérapie et à la performance sportive.
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