Vous contractez peut-être le périnée sans vraiment savoir si le bon muscle travaille. Les images mentales peuvent faciliter cette prise de conscience, améliorer la précision du geste et aider à relâcher une zone trop tendue. Je vous propose ici des exercices simples, leurs variantes selon les situations, ainsi que les limites à connaître avant de commencer.
Les repères essentiels pour mieux sentir son périnée
- La visualisation aide à localiser la contraction, mais ne remplace pas toujours un bilan personnalisé.
- L’ascenseur, la fermeture éclair et la fleur sont trois images utiles pour varier le travail.
- Le relâchement compte autant que la contraction, surtout en cas de douleurs ou de tension pelvienne.
- Une séance de découverte peut durer 5 minutes, avec peu de répétitions et une respiration calme.
- Les fuites persistantes, la douleur ou une sensation de pesanteur justifient un avis médical ou kinésithérapique.

Pourquoi les images mentales facilitent le travail du périnée
Le périnée forme le plancher musculaire du bassin. Il participe au soutien des organes pelviens, au contrôle urinaire et anal, à la stabilité du tronc et aux sensations sexuelles. Pourtant, contrairement au biceps ou aux quadriceps, il est difficile à observer et souvent compliqué à isoler.
Une image mentale crée un repère simple entre le cerveau et le muscle. Imaginer une fermeture, une remontée ou un mouvement d’ascenseur peut aider à éviter les contractions parasites des fessiers, des cuisses ou des abdominaux. Je préfère cependant être clair sur un point essentiel. Visualiser ne renforce pas automatiquement le périnée : l’image doit progressivement s’accompagner d’une contraction douce et perceptible.
Cette approche est particulièrement intéressante lorsque l’on ne sent pas bien la zone, après un accouchement, lors d’une reprise sportive ou quand les exercices classiques semblent trop mécaniques. Ameli décrit d’ailleurs la prise de conscience manuelle et le biofeedback comme des moyens de mieux identifier la contraction et le relâchement du plancher pelvien.
Trois images mentales pour commencer sans se crisper
L’ascenseur pour doser l’intensité
Allongez-vous sur le dos, les genoux fléchis et les pieds posés au sol. Après une expiration tranquille, imaginez que le périnée est un ascenseur qui monte doucement d’un étage, puis d’un deuxième, sans chercher à atteindre immédiatement le dernier niveau.
Maintenez la sensation une à deux secondes, puis faites redescendre l’ascenseur lentement. Terminez par un relâchement complet de quatre secondes. Répétez cinq fois. L’intérêt de cette image est d’apprendre à moduler la force, au lieu de serrer brutalement à chaque répétition.
La fermeture éclair pour cibler les différentes zones
Imaginez une fermeture éclair qui part de l’arrière du périnée, près de l’anus, et remonte doucement vers l’avant. Le mouvement doit rester subtil. Il ne s’agit pas de rentrer le ventre ni de contracter les fesses, mais de percevoir une fermeture et une légère remontée internes.Vous pouvez aussi inverser le trajet mental, de l’avant vers l’arrière, afin d’explorer les différentes parties du plancher pelvien. Cette variante est utile lorsque vous sentez une zone mais pas les autres. Si l’image provoque une crispation ou une gêne, réduisez l’intensité et revenez simplement à la respiration.
La fleur pour apprendre à relâcher
Visualisez une fleur qui s’ouvre à l’inspiration et se referme doucement à l’expiration. Ici, le but n’est pas de renforcer, mais de retrouver la capacité à ouvrir, laisser descendre et détendre le périnée.
Cette image a toute sa place chez les personnes qui ressentent des douleurs pendant les rapports, une difficulté à insérer un tampon, une sensation de contraction permanente ou des envies urinaires associées à une tension. Un périnée efficace n’est pas un périnée constamment serré. Il doit savoir se contracter au bon moment, puis revenir au repos.
Une séance guidée de cinq minutes à la maison
Je conseille de commencer dans une position confortable, avec la vessie vidée, sans chercher la performance. La position allongée facilite la découverte, mais il faudra ensuite progresser vers la position assise puis debout, car les symptômes apparaissent souvent pendant les mouvements et les efforts.
- Une minute de respiration : inspirez par le nez en laissant les côtes s’ouvrir, puis expirez lentement par la bouche.
- Une minute de repérage : imaginez la zone située entre le pubis, le coccyx et les deux ischions, comme un hamac souple.
- Deux minutes de contraction : utilisez l’image de l’ascenseur ou de la fermeture éclair pendant l’expiration, avec une force modérée.
- Une minute de relâchement : reprenez l’image de la fleur et vérifiez que les fesses, les cuisses et le ventre restent détendus.
Pour une première semaine, cinq contractions lentes et cinq contractions rapides suffisent comme exercice de découverte. Les contractions rapides consistent à fermer puis relâcher immédiatement, sans bloquer la respiration. Ce rythme prépare notamment le périnée à réagir lors d’un éternuement, d’une toux ou d’un changement de direction.
Ne pratiquez pas l’exercice en interrompant volontairement le jet d’urine. Le « stop-pipi » peut donner une fausse impression de contrôle et perturber le fonctionnement normal de la vessie. Les exercices se font à distance des mictions, dans un moment calme.
Adapter les exercices à la situation réelle
La contraction couchée est souvent plus facile, mais elle ne suffit pas toujours pour retrouver une continence dans la vie quotidienne. Je recommande de faire évoluer progressivement les images mentales vers des situations concrètes, sans brûler les étapes.
| Situation | Image utile | Consigne pratique |
|---|---|---|
| Découverte du périnée | Le hamac | Sentir une base souple qui soutient le bassin sans se durcir. |
| Contraction progressive | L’ascenseur | Monter par paliers, maintenir brièvement, puis redescendre lentement. |
| Manque de précision | La fermeture éclair | Explorer la fermeture de l’arrière vers l’avant, sans serrer les fesses. |
| Douleur ou tension | La fleur | Associer l’inspiration à l’ouverture et l’expiration au retour au repos. |
| Toux ou effort | Le bouton de protection | Imaginer une fermeture juste avant l’effort, puis relâcher après. |
Pour la course, les sauts ou les exercices de renforcement, le travail doit rester progressif. Si les fuites augmentent pendant le sport, ce n’est pas forcément un manque de force. La coordination respiratoire, la pression abdominale, la technique de mouvement et la fatigue peuvent aussi intervenir.
Après un accouchement, une cicatrice, une chirurgie ou une période douloureuse, je déconseille de suivre un protocole standard trouvé en ligne. La rééducation doit tenir compte du tonus, de la sensibilité, de la cicatrisation et de la capacité à relâcher. Les recommandations de la HAS insistent sur cette adaptation au bilan de chaque personne.
Visualisation, travail manuel ou biofeedback
Ces méthodes ne s’opposent pas. Elles répondent simplement à des difficultés différentes. La visualisation est accessible et discrète, mais elle donne peu d’informations objectives sur la force réelle de la contraction. Le travail manuel permet au professionnel de guider la zone ciblée, tandis que le biofeedback transforme la contraction en signal visuel ou sonore.
| Approche | Atout principal | Limite à connaître |
|---|---|---|
| Images mentales | Améliorent la perception et la coordination. | Peuvent être difficiles à interpréter seul. |
| Guidage manuel | Aide à identifier le bon mouvement. | Nécessite un professionnel formé et l’accord de la personne. |
| Biofeedback | Montre la contraction et le relâchement en temps réel. | Le signal ne remplace pas les sensations ni le transfert aux activités. |
| Électrostimulation | Peut être proposée dans certaines indications précises. | Ne convient pas à toutes les situations et doit être encadrée. |
À mes yeux, les images mentales sont surtout un outil d’apprentissage. Elles deviennent beaucoup plus utiles lorsqu’un kinésithérapeute ou une sage-femme vérifie la qualité du geste, la respiration et le relâchement. Selon Ameli, l’auto-rééducation entre les séances doit d’ailleurs reprendre les exercices expliqués par le professionnel.
Les erreurs qui ralentissent les progrès
Serrer trop fort
Une contraction maximale n’est pas forcément une bonne contraction. Si vous bloquez la respiration, rentrez fortement le ventre ou serrez les fesses, vous risquez de perdre la précision du mouvement. Je préfère une contraction à 50 ou 60 % de l’intensité maximale, bien localisée et suivie d’un vrai relâchement.
Oublier la détente
Répéter des contractions sans pause peut entretenir une hypertonie, c’est-à-dire un périnée trop actif au repos. Une sensation de pesanteur, de brûlure, de douleur ou de difficulté à uriner doit conduire à réduire les exercices et à demander un avis.
Attendre un résultat immédiat
La coordination peut s’améliorer en quelques séances, mais le renforcement et le transfert vers la toux, le sport ou les rapports demandent davantage de régularité. Les progrès les plus intéressants sont souvent discrets au début, par exemple une meilleure perception ou une récupération plus rapide après l’effort.
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Se focaliser uniquement sur la force
Le périnée doit aussi accompagner la respiration, les mouvements du bassin et les variations de pression abdominale. Pour cette raison, un programme efficace associe généralement contraction, relâchement, posture et gestes fonctionnels, plutôt qu’une longue série de contractions isolées.
Quand demander un bilan personnalisé du périnée
Consultez un médecin, une sage-femme ou un kinésithérapeute formé en rééducation pelvi-périnéale si les fuites persistent, si vous ressentez une boule ou une pesanteur vaginale, ou si les exercices déclenchent une douleur. Il en va de même en cas de douleurs pendant les rapports, d’incontinence anale ou de difficulté à vider la vessie.
Un bilan permet de distinguer un manque de force d’un défaut de coordination ou d’un excès de tension. Cette distinction change complètement les exercices proposés. Dans un cas, on cherchera une contraction plus efficace ; dans l’autre, on commencera parfois par la respiration, la mobilité et le relâchement.
Les images mentales restent donc une excellente porte d’entrée, à condition de les utiliser avec souplesse. Elles aident à mieux sentir le mouvement, mais le véritable objectif est de retrouver un périnée capable de se contracter au bon moment, de soutenir le corps et de se détendre pleinement.