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Abdominaux et périnée - Quels exercices éviter et comment s'entraîner ?

Margot Lecomte

Margot Lecomte

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13 mars 2026

Circuit training pour les abdos : attention, certains exercices peuvent être mauvais pour le périnée. Le programme inclut gainage, planche, relevés de bassin et crunchs.

Les abdominaux ne sont pas tous à mettre dans le même panier. Ce qui fatigue le périnée, ce n’est pas seulement le mouvement, mais surtout la manière dont il augmente la pression dans le ventre, coupe la respiration ou pousse vers le bas. Je vais donc vous montrer quels exercices posent le plus de problèmes, quels signaux surveiller, et comment continuer à renforcer la sangle abdominale sans aggraver les symptômes.

Les points clés à garder en tête avant de reprendre vos abdos

  • Le vrai risque vient surtout des exercices qui créent une forte pression intra-abdominale, surtout si vous bloquez le souffle.
  • Les crunchs, sit-ups, relevés de jambes et mouvements explosifs sont plus souvent problématiques que les exercices contrôlés.
  • Des fuites urinaires, une sensation de pesanteur ou un bombement sur la ligne médiane sont des signaux d’alerte.
  • On peut travailler les abdominaux de façon compatible avec le périnée, à condition d’adapter la respiration, la charge et l’amplitude.
  • Après un accouchement, la rééducation abdominale et périnéale se pense ensemble, pas l’une contre l’autre.

Pourquoi certains abdominaux mettent le périnée en difficulté

Le périnée, ou plancher pelvien, est un ensemble musculaire qui ferme le bas du bassin et soutient les organes pelviens. Quand la sangle abdominale se contracte fortement, la pression à l’intérieur de l’abdomen augmente. Si le diaphragme, les abdominaux profonds et le périnée travaillent en synergie, cette pression est mieux répartie. Si, au contraire, vous poussez trop, bloquez votre respiration ou manquez de contrôle, le plancher pelvien encaisse une partie de la charge.

Dans la pratique, ce n’est donc pas “l’abdo” qui est mauvais en soi. Le problème apparaît surtout avec les efforts qui combinent forte pression intra-abdominale, fatigue, mauvaise technique et répétition. C’est pour cela qu’un même exercice peut être bien toléré chez une personne entraînée et trop agressif chez une femme en post-partum, chez quelqu’un qui présente une incontinence à l’effort ou chez une personne suivie pour prolapsus.

Je vois souvent la même erreur: on cherche à “tenir” le ventre en apnée, alors que le corps a besoin d’expirer pour protéger le bassin. La fameuse manœuvre de Valsalva, c’est-à-dire le fait de bloquer le souffle en poussant, peut être utile dans certains contextes de force maximale, mais elle est rarement une bonne idée quand le périnée est déjà vulnérable.

Autrement dit, le vrai sujet n’est pas de bannir les abdominaux, mais de comprendre quels abdominaux, à quelle dose et avec quelle respiration. C’est précisément ce qui fait la différence entre une séance utile et une séance qui réveille les symptômes.

Une fois ce mécanisme compris, il devient beaucoup plus simple d’identifier les exercices à surveiller de près.

Les exercices qui posent le plus souvent problème

Les mouvements les plus exigeants pour le périnée ne sont pas forcément les plus spectaculaires, mais ceux qui cumulent flexion du tronc, levier des jambes, rotation et respiration mal contrôlée. Voici les cas que je mets le plus souvent sous surveillance.

Exercice Contrainte habituelle Pourquoi il peut poser problème Version plus prudente
Crunch et sit-up Élevée Ils augmentent la pression abdominale, surtout si vous tirez sur la nuque ou bloquez le souffle. Amplitudes courtes, expiration sur l’effort, ou travail du transverse en position allongée.
Relevés de jambes tendues Élevée Le bras de levier des jambes sollicite beaucoup la sangle et favorise le bombement de la ligne médiane. Heel slides, jambes fléchies, ou dead bug simplifié.
V-ups et gainage en hollow body Élevée Ils demandent une forte tension globale du tronc avec peu de marge si le contrôle respiratoire est imparfait. Version raccourcie, durée plus brève, ou travail segmenté.
Russian twists et bicycle crunch Modérée à élevée La rotation répétée peut faire compenser le bassin et majorer la pression quand la fatigue arrive. Anti-rotation léger, amplitude réduite, tempo lent.
Burpees, mountain climbers, sauts répétés Élevée On ajoute ici l’impact, la vitesse et parfois l’apnée réflexe de l’effort. Travail fractionné, sans impact, puis reprise progressive.
Planche ventrale longue Variable Elle peut être bien tolérée ou au contraire provoquer une poussée vers le bas si le ventre “bombe” ou si vous serrez trop fort. Planche sur genoux, séries courtes, respiration continue.

Cette table mérite une nuance importante: un exercice n’est pas “interdit” pour tout le monde, il est surtout plus ou moins bien toléré selon l’état du périnée. Ce qui compte, c’est la réponse du corps pendant et après la séance.

Si un mouvement déclenche des fuites, une sensation de pesanteur ou un ventre qui se déforme au centre, je le considère comme trop coûteux pour le moment. Mieux vaut régressser l’exercice que forcer un geste déjà mal toléré.

Cette logique de tri est très utile, mais elle n’a d’intérêt que si vous savez reconnaître les signaux d’alerte du périnée.

Les signes qui montrent que le périnée ne suit plus

Le corps donne en général des signes assez clairs quand la charge abdominale dépasse les capacités du plancher pelvien. Le plus fréquent est la fuite urinaire pendant l’effort, mais ce n’est pas le seul indicateur.

  • Fuites d’urine à l’effort, pendant les séries ou juste après la séance.
  • Sensation de pesanteur, de tiraillement ou de “descente” dans le bas du bassin.
  • Boule ou gêne vaginale, qui peut évoquer un prolapsus débutant.
  • Douleur pelvienne, lombaire ou sensation de blocage respiratoire.
  • Bombement de la ligne médiane du ventre, souvent appelé “doming” ou “coning”.
  • Impossibilité de garder une respiration fluide pendant tout le mouvement.

Le point le plus utile, à mes yeux, est le suivant: un exercice qui laisse une trace symptomatique après la séance n’est pas adapté à ce stade. Si les symptômes durent, augmentent dans la journée, ou reviennent dès la séance suivante, il faut baisser la charge, réduire l’amplitude ou changer complètement de stratégie.

Le contexte compte aussi. Après un accouchement, après une chirurgie pelvienne ou en cas de prolapsus connu, les symptômes sont plus faciles à réveiller et le seuil de tolérance peut être bien plus bas. C’est précisément pour cela qu’il faut ensuite parler de reprise intelligente, pas de reprise brutale.

Comment travailler les abdos sans surcharger le plancher pelvien

Quand je veux protéger le périnée, je ne commence pas par chercher l’exercice “le plus dur possible”. Je cherche d’abord un mouvement qui permet de respirer, de contrôler le bassin et de recruter les muscles profonds sans poussée inutile. Le mot-clé ici est progression.

Les repères techniques qui changent tout

  • Expirez sur l’effort au lieu de bloquer le souffle.
  • Gardez les côtes empilées au-dessus du bassin, sans cambrer exagérément.
  • Réduisez l’amplitude avant de réduire le nombre de répétitions.
  • Arrêtez la série dès que le ventre bombe, que la respiration se coupe ou que le périnée “pousse vers le bas”.
  • Travaillez à intensité modérée avant de chercher la performance.

Les exercices de départ que je trouve souvent plus compatibles

Exercice Intérêt Point de vigilance
Dead bug simplifié Travaille le contrôle lombo-pelvien avec peu de charge. Ne cherchez pas à aller trop loin avec les jambes si le ventre se bombe.
Bird-dog Très utile pour la stabilité du tronc sans forte pression. Gardez le bassin stable et l’expiration fluide.
Planche latérale sur genoux Travail intéressant des obliques avec une charge souvent mieux tolérée. Commencez court et évitez de retenir l’air.
Bridge / pont fessier Active la chaîne postérieure et peut soutenir la fonction du plancher pelvien. Montez sans pousser le ventre vers le haut.
Squat contrôlé avec expiration Travail global utile, notamment pour réapprendre la coordination effort-respiration. Charge légère au départ, surtout si vous êtes symptomatique.
Pallof press Excellent exercice anti-rotation, souvent plus protecteur qu’une rotation dynamique. Restez lent et stable.

Ces options ne sont pas “plus faciles” par hasard: elles limitent souvent les pics de pression et permettent de reconstruire la coordination de base. C’est ce socle qui manque le plus quand les crunchs passent mal.

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Et les abdos hypopressifs

Les hypopressifs sont souvent présentés comme la solution idéale pour le périnée, mais je reste prudent avec ce discours. Ils peuvent aider certaines personnes, surtout sur le contrôle postural et respiratoire, mais ils ne remplacent pas à eux seuls un vrai travail du plancher pelvien.

Les données disponibles sont nuancées: les exercices hypopressifs peuvent améliorer certains paramètres, mais dans les situations de prolapsus, le renforcement spécifique du plancher pelvien garde souvent l’avantage. Je les vois donc comme un outil complémentaire, pas comme une réponse universelle.

La bonne approche consiste à choisir la méthode la plus utile pour votre profil, pas celle qui est la plus à la mode. Et si le contexte est post-partum ou symptomatique, cette précision devient encore plus importante.

Après un accouchement ou en cas de prolapsus, le timing change tout

Après une grossesse, le bassin ne réagit pas comme avant. L’Assurance Maladie et les parcours de soins en France rappellent que la rééducation périnéale débute en général autour de 6 semaines après l’accouchement, avec une rééducation abdominale pensée pour être non délétère pour le périnée. En post-partum, les séances de rééducation peuvent être prises en charge à 100 % dans les limites prévues, et les premières 10 séances de rééducation abdominale sont également remboursées quand elles sont réalisées dans les 6 mois après la naissance.

Dans ce contexte, il est logique de ne pas reprendre les abdos “comme avant”. Le transverse de l’abdomen, c’est-à-dire le muscle profond qui agit comme une ceinture naturelle, a un rôle utile, mais il doit être rééduqué avec méthode. La coordination entre périnée, respiration et sangle abdominale compte davantage que le nombre de répétitions.

En cas de prolapsus, la logique est encore plus stricte. La rééducation vise à renforcer la musculature périnéale et à ralentir l’évolution de la descente d’organes; elle peut aussi être associée à un pessaire, selon l’avis du professionnel de santé. Autrement dit, si vous sentez une pesanteur ou une gêne vaginale pendant les efforts, il ne faut pas “forcer pour renforcer”.

J’insiste aussi sur un point souvent mal compris: la reprise d’un sport impactant, de sauts ou d’exercices très pressurisés doit être progressive et individualisée. Le bon moment n’est pas dicté par l’ego ou par une vidéo de remise en forme, mais par vos symptômes, votre bilan et votre capacité à tenir un effort sans fuite ni poussée vers le bas.

Quand le doute persiste, le plus efficace reste souvent un bilan ciblé en pelvi-périnéologie. On gagne alors du temps, et surtout on évite de s’acharner sur une mauvaise stratégie.

Le test simple que j’utilise pour savoir si un exercice est acceptable

Avant de valider un exercice abdominal, je pose toujours les mêmes questions. Si la réponse est “non” à l’une d’elles, j’adapte immédiatement la séance.

  • Puis-je respirer librement pendant tout le mouvement ?
  • Le ventre reste-t-il plat, sans bombement central ?
  • Est-ce qu’il y a une fuite, une pesanteur ou une douleur pendant ou après ?
  • Est-ce que je peux terminer la série sans serrer les dents ni bloquer l’air ?
  • Le symptôme disparaît-il rapidement, ou revient-il à chaque séance ?

Si vous cochez plusieurs “non”, le bon réflexe n’est pas de persévérer en espérant que le périnée “s’habitue”. Il faut descendre d’un cran: moins d’amplitude, moins de charge, plus d’expiration, ou un autre exercice. C’est souvent là que la progression devient vraiment durable.

En pratique, je préfère une logique simple: d’abord la respiration, ensuite le contrôle du tronc, puis seulement la charge et l’impact. Ce n’est pas plus lent qu’une reprise agressive, c’est juste plus intelligent. Et si vous avez encore un doute sur les exercices qui vous conviennent, un kinésithérapeute formé en pelvi-périnéologie peut ajuster le programme bien plus vite que n’importe quelle routine trouvée au hasard.

Questions fréquentes

Évitez les crunchs, sit-ups, relevés de jambes tendues, V-ups et mouvements explosifs qui augmentent fortement la pression intra-abdominale et peuvent nuire au périnée, surtout si la respiration n'est pas contrôlée.
Surveillez les signes comme les fuites urinaires, une sensation de pesanteur, un bombement du ventre (doming) ou une douleur pelvienne. Si ces symptômes apparaissent pendant ou après l'exercice, adaptez ou changez de mouvement.
Privilégiez le Dead bug simplifié, Bird-dog, planche latérale sur genoux, Bridge, squat contrôlé avec expiration et Pallof press. Ces exercices favorisent le contrôle et la respiration sans surcharger le plancher pelvien.
Les hypopressifs peuvent être un bon complément pour le contrôle postural et respiratoire, mais ne remplacent pas un renforcement spécifique du plancher pelvien. Ils sont un outil parmi d'autres, à adapter selon votre profil.
Après l'accouchement, la rééducation périnéale (environ 6 semaines post-partum) doit précéder ou accompagner la reprise des abdominaux. Concentrez-vous sur la coordination périnée-respiration-sangle abdominale, avec une progression lente et adaptée.

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Autor Margot Lecomte
Margot Lecomte
Je m'appelle Margot Lecomte et je suis passionnée par la kinésithérapie, la rééducation et la performance sportive. Avec plusieurs années d'expérience en tant qu'analyste de l'industrie, j'ai eu l'opportunité d'explorer en profondeur les dernières innovations et tendances dans ces domaines. Mon expertise se concentre sur l'optimisation des techniques de rééducation et l'amélioration des performances sportives, ce qui me permet d'apporter une perspective éclairée et pratique à mes écrits. Je m'efforce de simplifier des concepts complexes pour rendre l'information accessible à tous, tout en veillant à ce que chaque article soit basé sur des données factuelles et des recherches rigoureuses. Mon objectif est de fournir à mes lecteurs des contenus fiables et à jour, afin qu'ils puissent prendre des décisions éclairées concernant leur santé et leur performance. Je suis convaincue que la connaissance est un puissant outil de transformation et je m'engage à partager des informations précises et objectives qui répondent aux besoins de ma communauté.

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