Les repères essentiels avant de commencer
- Les exercices ciblent les muscles du plancher pelvien, pas les abdominaux ni les fessiers.
- Ils sont surtout utiles en cas de fuites, de gouttes après avoir uriné, après chirurgie de la prostate, et parfois pour l’endurance érectile.
- Le bon geste consiste à contracter autour de l’anus et de l’urètre, puis à relâcher complètement.
- Les résultats demandent souvent plusieurs semaines, parfois quelques mois, de pratique régulière.
- Si vous avez une douleur, une aggravation des symptômes ou un doute sur la bonne contraction, un kinésithérapeute peut corriger la technique.
Pourquoi travailler le plancher pelvien chez l’homme
Santé.fr rappelle que les exercices dits de Kegel renforcent le tonus du périnée et sont utiles contre l’incontinence d’effort. Chez l’homme, je les recommande surtout pour trois situations très concrètes: les fuites à l’effort, le goutte-à-goutte post-mictionnel et les suites d’une intervention prostatique. Ils peuvent aussi être intéressants quand la toux chronique, la constipation, le surpoids ou certains sports à impact répété mettent le plancher pelvien sous pression.
- Fuites à l’effort après une toux, un rire, un saut ou le port d’une charge.
- Goutte-à-goutte post-mictionnel, c’est-à-dire les petites pertes juste après avoir uriné.
- Suites de chirurgie prostatique, où la rééducation aide souvent à reprendre le contrôle plus vite.
- Contrôle anal, lorsque la faiblesse du périnée s’ajoute à des troubles du transit ou à des efforts répétés.
Le point important, c’est que l’objectif n’est pas de « serrer plus fort », mais de mieux coordonner la contraction et le relâchement. Cette logique d’entraînement fin change tout pour la suite.

Comment repérer les bons muscles sans se tromper
Le bon muscle se situe autour de l’anus et de l’urètre. Le test mental le plus simple consiste à imaginer que vous retenez un gaz et, en même temps, que vous remontez légèrement le plancher pelvien vers l’intérieur. Vous devriez sentir une fermeture nette au niveau du périnée, pas une crispation globale du ventre.
- Les fessiers doivent rester souples.
- Les cuisses ne doivent pas se serrer fortement.
- Le ventre ne doit pas se bomber ni se contracter de façon visible.
- La respiration reste fluide, sans blocage.
- Le mouvement doit donner une sensation de « remontée », pas de poussée vers le bas.
Chez certains hommes, le pénis bouge légèrement vers le haut pendant la contraction. C’est un repère, pas un objectif à rechercher à tout prix. Si vous avez besoin d’un contrôle ponctuel, le test d’arrêt du jet urinaire peut aider à identifier la sensation, mais il ne doit pas devenir un exercice répété au quotidien.
La méthode simple que j’utilise pour débuter
Je préfère un protocole court, propre, répétable. Les repères médicaux convergent vers une idée simple: un bloc de contractions lentes, puis des contractions rapides, sur vessie vide et avec une respiration normale. Les bénéfices prennent souvent plusieurs semaines, parfois quelques mois; il faut donc penser en progression, pas en performance.
| Type de contraction | Comment faire | But |
|---|---|---|
| Contractions lentes | Contracter 3 à 5 secondes, relâcher 3 à 5 secondes, 10 répétitions. | Construire l’endurance et la tenue au quotidien. |
| Contractions rapides | Contracter brièvement, relâcher aussitôt, 10 répétitions. | Réagir vite à la toux, au rire, au saut ou à l’effort. |
| Progression | Commencer allongé, puis assis, puis debout. | Transférer le contrôle dans les positions de la vraie vie. |
En pratique, je conseille souvent trois petites séances par jour au début: matin, milieu de journée, soir. Quand le geste est fiable, on peut allonger progressivement la tenue jusqu’à 10 secondes, sans perdre la qualité de la contraction. Et surtout: si le mouvement devient flou ou si vous bloquez la respiration, vous êtes déjà allé trop loin.
Les erreurs qui freinent les progrès
Le périnée répond mieux à un travail précis qu’à un effort brutal. C’est pour cela que je vois souvent les mêmes pièges chez les hommes qui s’y mettent seuls.
- Bloquer la respiration ou pousser le ventre vers l’avant.
- Contracter les fessiers, les adducteurs ou les abdominaux à la place du périnée.
- Répéter l’arrêt du jet urinaire comme exercice quotidien.
- Faire des séries trop longues trop tôt et finir crispé.
- Oublier le relâchement complet entre deux contractions.
- Rester uniquement allongé alors que l’objectif est de tenir debout, en marche ou à l’effort.
Je le répète souvent en consultation: 10 contractions propres valent mieux que 30 contractions approximatives. La précision prime sur la quantité, surtout au début. Une fois ce principe intégré, la progression devient beaucoup plus logique.
Quand commencer et quand demander un avis
Après une chirurgie de la prostate, ces exercices peuvent se commencer dès que la sonde est retirée; avant l’intervention, les pratiquer quelques semaines en amont peut aider à récupérer plus vite le contrôle urinaire. Si vous êtes en radiothérapie, ils restent généralement possibles pendant et après le traitement. L’Assurance Maladie place d’ailleurs la rééducation périnéo-sphinctérienne comme traitement initial des incontinences d’effort, ce qui montre bien que le sujet n’a rien d’anecdotique.- Vous avez des fuites qui persistent après plusieurs semaines de pratique sérieuse.
- Vous sentez une douleur, une gêne ou une impossibilité à isoler correctement la contraction.
- Vous avez un besoin pressant d’uriner très fréquent, surtout la nuit.
- Le goutte-à-goutte post-mictionnel reste important malgré un travail régulier.
- Vous revenez d’une intervention urologique et vous voulez sécuriser la reprise.
Les repères utiles pour continuer sans vous épuiser
Si je devais résumer la logique en une phrase, ce serait celle-ci: un périnée qui travaille bien est un périnée précis, souple et régulier. L’objectif n’est pas de faire plus, mais de faire juste, puis de transférer ce contrôle à la marche, à l’effort et aux gestes du quotidien.
- Travaillez sur vessie vide.
- Répartissez de petites séances dans la journée.
- Acceptez une progression lente, souvent sur plusieurs semaines.
- Réduisez ce qui surcharge le périnée: constipation, toux non prise en charge, port de charges mal géré, surpoids si vous êtes concerné.
Quand la technique est claire et la régularité au rendez-vous, ces exercices deviennent un vrai outil de rééducation, utile bien au-delà du simple contrôle urinaire.