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Exercices de Kegel, le bon geste pour renforcer le périnée

Laure Hardy

Laure Hardy

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12 juillet 2026

Série d'exercices pour renforcer le plancher pelvien, incluant des mouvements au sol et assis. Idéal pour un excercice de kegel complet.
Une fuite en toussant, une sensation de pesanteur, une reprise du sport après un accouchement ou simplement l’envie de mieux contrôler son périnée peuvent conduire aux exercices de Kegel. Bien réalisés, ils renforcent les muscles du plancher pelvien, mais ils ne consistent pas à contracter tout le bas du corps au hasard. Je vous montre ici le geste précis, une routine progressive, les erreurs fréquentes et les situations où un bilan avec un kinésithérapeute ou une sage-femme est préférable.

Les repères essentiels pour entraîner son périnée efficacement

  • Le bon muscle se contracte comme pour retenir un gaz et interrompre un jet d’urine, sans serrer les fesses.
  • Deux types de contractions sont utiles : lentes pour l’endurance et rapides pour réagir lors d’un effort.
  • Une séance simple comprend jusqu’à 10 contractions longues et 10 à 20 contractions brèves, selon votre niveau.
  • Il faut pouvoir relâcher complètement entre deux contractions. Un périnée constamment serré n’est pas forcément un périnée efficace.
  • Les premiers progrès demandent souvent plusieurs semaines de pratique régulière, parfois plusieurs mois pour une amélioration solide.

À quoi servent vraiment les exercices de Kegel

Le périnée, aussi appelé plancher pelvien, forme une sorte de hamac musculaire à la base du bassin. Il participe au contrôle de la vessie et de l’intestin, soutient les organes pelviens et contribue à la stabilité du tronc ainsi qu’aux fonctions sexuelles. Chez la femme comme chez l’homme, il doit savoir se contracter, résister et se relâcher.

Le renforcement peut aider en cas de fuites urinaires à l’effort, par exemple lors d’un éternuement, d’un saut ou d’une course. Il peut aussi accompagner la prise en charge de certaines fuites fécales ou d’un prolapsus, mais il ne remplace pas un diagnostic. Selon Ameli, la rééducation périnéale repose notamment sur la prise de conscience des muscles, puis sur des contractions et des relâchements ciblés.

Je préfère être clair sur un point souvent oublié : plus de contractions ne signifie pas forcément plus de résultats. Si les muscles sont déjà trop tendus, douloureux ou mal coordonnés, les serrer davantage peut entretenir la gêne. Dans ce cas, le travail commence parfois par la respiration, la mobilité et le relâchement.

Comment trouver le bon muscle sans se tromper

Installez-vous allongé sur le dos, genoux fléchis, ou assis avec les pieds posés au sol. Imaginez que vous devez retenir un gaz et remonter doucement les muscles autour de l’anus et des organes génitaux. La sensation recherchée est celle d’un lift intérieur, pas celle d’un mouvement visible des fesses ou des cuisses.

Chez la femme, on peut imaginer que l’on ferme puis que l’on remonte doucement le vagin. Chez l’homme, la contraction peut donner l’impression que la base du pénis se rétracte légèrement et que les testicules remontent. Ces images servent à identifier la zone, mais chacun doit trouver une sensation qui lui est propre.

Le test ponctuel du jet urinaire

Interrompre brièvement le jet peut aider à reconnaître les muscles, mais ce n’est pas un exercice à répéter. Le faire régulièrement risque de perturber la vidange de la vessie. Pour vous entraîner, contractez le périnée à distance des toilettes, lorsque la vessie est vide ou peu remplie.

Les signes d’une contraction correcte

  • La respiration reste fluide, sans bloquer l’air.
  • Les fesses, les cuisses et la mâchoire restent détendues.
  • Le ventre peut participer légèrement, mais il ne doit pas être aspiré avec force.
  • La contraction monte progressivement puis le relâchement est complet.
  • Il n’y a ni douleur, ni pression accrue vers le bas, ni sensation de poussée.

Un miroir ou une palpation externe peuvent parfois aider, mais ils ne suffisent pas toujours. Quand on ne sent rien, que l’on pousse au lieu de remonter ou que les symptômes augmentent, un bilan en kinésithérapie pelvi-périnéale apporte souvent une réponse plus rapide qu’une longue pratique approximative.

Une routine simple pour débuter et progresser

Je conseille de commencer dans la position la plus facile, généralement allongé ou assis. La qualité du geste compte davantage que le nombre de répétitions. Faites cette routine une fois par jour pendant quelques jours, puis augmentez progressivement jusqu’à trois courtes séances quotidiennes si elle reste confortable.

Les contractions lentes pour l’endurance

  1. Contractez et remontez le périnée à une intensité modérée.
  2. Maintenez la contraction pendant 3 à 5 secondes au début.
  3. Relâchez pendant une durée au moins équivalente.
  4. Répétez 5 fois, puis progressez vers 10 répétitions.

Lorsque vous maîtrisez le mouvement, cherchez progressivement à tenir jusqu’à 10 secondes maximum, sans trembler ni compenser avec les abdominaux. Si la contraction faiblit après 4 secondes, restez à 4 secondes. L’objectif est de construire une endurance réelle, pas de battre un record.

Les contractions rapides pour réagir pendant l’effort

Contractez vivement le périnée pendant une seconde, puis relâchez complètement. Répétez 5 à 10 fois, et augmentez progressivement jusqu’à 20 répétitions si le geste reste précis. Cette version prépare le périnée aux changements brusques de pression liés à la toux, au rire, au saut ou au port d’une charge.

Lire aussi : Sonde périnéale - Effets secondaires, risques et quand l'éviter

La technique de protection avant l’effort

Juste avant de tousser, d’éternuer, de vous lever ou de soulever un objet, faites une contraction brève du périnée. Cette anticipation, souvent appelée « the knack » dans les recommandations anglophones, peut réduire les fuites chez certaines personnes. Elle ne doit pas devenir un serrage permanent : je contracte avant l’effort, puis je relâche.

Objectif Exercice Progression raisonnable
Endurance Contractions lentes 5 répétitions de 3 à 5 secondes, puis jusqu’à 10 secondes
Réactivité Contractions rapides 5 à 10 répétitions, puis jusqu’à 20
Vie quotidienne Contraction avant toux ou charge Quelques fois par jour, sans rester contracté ensuite

Après une à deux semaines, vous pouvez pratiquer assis puis debout. Pour les sportifs, l’étape suivante consiste à intégrer le périnée dans des mouvements simples comme un squat, une montée d’escalier ou une réception, sans bloquer la respiration. Le périnée doit accompagner le mouvement, pas le remplacer.

Les erreurs qui limitent les résultats

La première erreur consiste à serrer les fesses ou à contracter fortement les abdominaux. Le mouvement paraît puissant, mais le périnée travaille peu. Placez une main sur les fesses et l’autre sur le bas-ventre : si tout se durcit immédiatement, réduisez l’intensité et cherchez une contraction plus fine.

La deuxième est d’oublier le relâchement. Un entraînement uniquement fondé sur le serrage peut aggraver une sensation de tension, des douleurs pendant les rapports ou une difficulté à uriner. Dans ma pratique, je vois souvent des personnes capables de contracter très fort, mais incapables de laisser complètement redescendre le tonus.

  • Ne bloquez pas la respiration pendant la contraction.
  • Ne poussez pas vers le bas comme pour aller à la selle.
  • Ne faites pas les exercices en urinant régulièrement.
  • N’augmentez pas les séries si les symptômes ou la douleur apparaissent.
  • Ne cherchez pas une contraction maximale à chaque répétition.

La régularité est plus importante que la force. Trois minutes bien exécutées chaque jour valent mieux qu’une longue séance irrégulière qui fatigue tout le bassin. Pour ne pas oublier, associez la routine à un geste quotidien comme le brossage des dents, mais évitez de la faire en conduisant ou dans une situation qui détourne votre attention.

Quand les exercices seuls ne suffisent pas

Une fuite urinaire n’a pas toujours la même cause. Une fuite à l’effort, une urgence difficile à retenir, une vessie qui se vide mal, un prolapsus ou une douleur pelvienne ne se traitent pas exactement de la même façon. Le symptôme guide le programme, et non l’inverse.

Demandez un avis médical ou un bilan avec un kinésithérapeute spécialisé si vous avez des douleurs persistantes, une sensation de pesanteur, du sang dans les urines ou les selles, des difficultés à uriner, une perte de sensibilité ou une aggravation rapide des fuites. Une prise en charge personnalisée est également pertinente après un accouchement, une chirurgie pelvienne ou une intervention de la prostate.

Après un accouchement, la reprise doit respecter la cicatrisation, les éventuelles douleurs et l’évaluation réalisée par la sage-femme ou le kinésithérapeute. Chez l’homme, les exercices peuvent accompagner la récupération après une chirurgie prostatique, mais le protocole dépend du geste chirurgical et de l’évolution des symptômes.

Il faut aussi distinguer un périnée faible d’un périnée hypertonique. Dans le second cas, la priorité peut être le relâchement et la coordination, avec respiration diaphragmatique, mobilité du bassin et travail manuel ou comportemental. Renforcer sans vérifier cette distinction est une des raisons pour lesquelles certaines personnes ne progressent pas.

Comment savoir si la routine fonctionne

Ne vous fiez pas uniquement au nombre de contractions. Les premiers signes positifs peuvent être une meilleure perception du périnée, une contraction plus nette avant un éternuement ou une diminution des fuites lors d’un effort précis. La force et l’endurance progressent souvent plus lentement, sur plusieurs semaines à plusieurs mois.

Notez pendant deux semaines les situations qui déclenchent les symptômes, leur fréquence et votre niveau de contrôle. Cette observation permet de voir une amélioration concrète et aide le professionnel à ajuster le travail. Si aucune évolution n’apparaît malgré une pratique régulière et correcte, il est préférable de réévaluer le diagnostic plutôt que de multiplier les séries.

Une sonde de biofeedback, l’électrostimulation ou certains accessoires peuvent être proposés dans une rééducation, mais ils ne sont pas indispensables pour commencer. Je les considère comme des outils d’accompagnement, utiles lorsque la contraction est difficile à percevoir ou à coordonner, pas comme des raccourcis vers un résultat automatique.

Le bon réflexe pour intégrer le périnée à vos mouvements

Commencez par quelques contractions lentes et rapides dans une position confortable, puis transférez progressivement ce contrôle à la vie réelle. Avant un effort, expirez, engagez doucement le périnée, réalisez le mouvement et relâchez ensuite. Cette coordination est particulièrement utile en course, lors des sauts et pendant le port de charges.

La meilleure routine est celle que vous pouvez répéter sans douleur et sans crispation. Si vous sentez une pression, une pesanteur ou une tension inhabituelle, interrompez la séance et faites vérifier votre technique. Un périnée efficace n’est pas un muscle constamment serré : c’est un ensemble capable de se contracter au bon moment et de se détendre dès que l’effort est terminé.

Questions fréquentes

Allongez-vous ou asseyez-vous et imaginez que vous retenez un gaz en remontant doucement les muscles autour de l’anus et des organes génitaux. Les fesses, les cuisses et la mâchoire doivent rester détendues, tandis que la respiration reste fluide. Interrompre brièvement le jet urinaire peut aider à reconnaître la zone, mais ce test ne doit pas être répété comme exercice.

Commencez par 5 contractions lentes de 3 à 5 secondes, suivies d’un relâchement au moins équivalent, puis ajoutez 5 à 10 contractions rapides d’une seconde. Progressez jusqu’à 10 contractions longues de 10 secondes maximum et 20 contractions brèves si le geste reste précis et confortable. Une séance quotidienne peut évoluer vers trois courtes séances par jour.

Arrêtez d’augmenter les séries et vérifiez que vous relâchez complètement entre les contractions. Un périnée hypertonique peut nécessiter en priorité de la respiration, de la mobilité et un travail de relâchement plutôt qu’un renforcement supplémentaire. En cas de douleur persistante, de pression ou d’aggravation des symptômes, demandez un bilan à un kinésithérapeute spécialisé ou à une sage-femme.

Un avis est recommandé en cas de douleurs persistantes, de pesanteur, de sang dans les urines ou les selles, de difficultés à uriner, de perte de sensibilité ou d’aggravation rapide des fuites. Un accompagnement personnalisé est aussi pertinent après un accouchement, une chirurgie pelvienne ou une intervention de la prostate, car la reprise dépend de la cicatrisation et du geste réalisé.
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Autor Laure Hardy
Laure Hardy
Nazyme Laure Hardy et j'ai dix ans d'expérience dans le domaine de la kinésithérapie, de la rééducation et de la performance sportive. Mon parcours a commencé par une passion pour le mouvement et le bien-être, ce qui m'a naturellement conduite à m'intéresser aux méthodes de réhabilitation et d'optimisation des performances sportives. J'aime explorer les différentes approches qui aident les individus à surmonter leurs limitations physiques et à atteindre leurs objectifs. Dans mes écrits, je m'efforce de rendre des sujets complexes accessibles et compréhensibles. Je prends soin de vérifier mes sources et de comparer les informations pour offrir un contenu à jour et fiable. Mon objectif est de partager des connaissances claires et utiles, tout en suivant les dernières tendances dans le domaine. J'espère que mes contributions vous aideront à mieux comprendre les enjeux liés à la kinésithérapie et à la performance sportive.
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