Contracter le périnée correctement ne consiste pas à serrer fort les fesses ou à bloquer la respiration. Le geste demande surtout de repérer les bons muscles, de coordonner leur contraction avec le souffle et de savoir les relâcher. Voici une méthode simple, les erreurs fréquentes et les situations où l’accompagnement d’un kinésithérapeute ou d’une sage-femme devient utile.
Le geste juste repose sur une contraction douce, précise et relâchée
- Repérage : imaginez que vous retenez un gaz et que vous interrompez légèrement un jet d’urine.
- Respiration : contractez sans bloquer l’air, de préférence en expirant.
- Relâchement : laissez les muscles revenir complètement au repos après chaque contraction.
- Progressivité : commencez par quelques répétitions courtes, puis augmentez selon votre maîtrise.
- Prudence : une douleur, une pesanteur ou une difficulté à relâcher justifie un avis professionnel.

Comment contracter le périnée correctement sans compenser
Le périnée est l’ensemble des muscles qui ferment la partie basse du bassin. Il participe au contrôle de la vessie et de l’intestin, au soutien des organes pelviens et, chez certaines personnes, à la fonction sexuelle. Pour comprendre comment contracter le périnée, le plus important est d’identifier un mouvement de fermeture et de remontée, pas une poussée vers le bas.
Repérer les bons muscles
Installez-vous allongé sur le dos, les genoux fléchis et les pieds posés au sol. Cette position réduit les compensations et permet de se concentrer sur les sensations. Imaginez que vous voulez retenir un gaz tout en remontant doucement les muscles autour de l’urètre et, chez la femme, du vagin.
Le mouvement doit rester interne. Le ventre peut bouger légèrement, mais les fesses, les cuisses et les abdominaux ne doivent pas se contracter fortement. Le test consistant à interrompre le jet d’urine peut aider à identifier la zone une seule fois, mais il ne doit pas devenir un exercice régulier, car il peut perturber la vidange de la vessie.
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Réaliser la contraction
- Inspirez calmement sans gonfler excessivement le ventre.
- Commencez à expirer et contractez le périnée comme si vous vouliez fermer puis remonter les orifices.
- Maintenez la contraction pendant 3 à 5 secondes au début.
- Relâchez pendant une durée au moins équivalente, idéalement un peu plus longue.
- Répétez le mouvement sans forcer ni retenir votre souffle.
Une contraction efficace donne souvent une sensation de légère fermeture et de remontée. Elle ne doit pas provoquer de douleur, de crampe ou de pression vers le bas. Si vous sentez surtout vos fesses ou vos cuisses, diminuez l’intensité et reprenez plus lentement.
Construire une séance simple et progressive
Le périnée fonctionne comme les autres muscles, avec des fibres capables de produire un effort bref et d’autres utiles pour maintenir une contraction plus longue. J’aime donc associer contractions lentes et contractions rapides, plutôt que de répéter toujours le même mouvement.
| Type de travail | Exécution | Intérêt principal |
|---|---|---|
| Contractions lentes | 3 à 5 secondes de contraction, puis 5 secondes de repos | Améliorer le maintien et le contrôle |
| Contractions rapides | Contracter puis relâcher en 1 seconde | Réagir lors d’une toux, d’un éternuement ou d’un effort soudain |
| Relâchement | Respirer librement et détendre complètement la zone | Éviter la suractivité et les tensions inutiles |
Pour débuter, faites 1 à 2 séries de 8 à 10 répétitions, une fois par jour. Lorsque le geste devient précis, vous pouvez passer à deux séances quotidiennes, puis pratiquer assis et debout. La qualité du mouvement compte davantage que le nombre de répétitions.
Ne cherchez pas à contracter en continu toute la journée. Un périnée qui reste constamment serré peut devenir douloureux et perdre sa capacité à se relâcher. La progression se mesure surtout à la facilité du geste dans les activités courantes, pas à la force maximale produite pendant quelques secondes.
Les erreurs qui rendent l’exercice moins efficace
La première erreur consiste à vouloir serrer très fort. Une contraction maximale n’est pas forcément une bonne contraction. Elle entraîne souvent les fessiers, les cuisses et les abdominaux, alors que le périnée travaille peu.
- Bloquer la respiration augmente la pression dans l’abdomen et perturbe la coordination.
- Pousser vers le bas produit l’effet inverse de celui recherché et peut accentuer une sensation de pesanteur.
- Serrer les fesses donne l’impression de travailler, mais ne permet pas de vérifier l’action du plancher pelvien.
- Oublier le relâchement entretient une tension permanente, parfois responsable de douleurs.
- Faire les exercices pendant la miction ne doit pas devenir une habitude.
Un miroir peut aider à observer les mouvements externes, mais il ne remplace pas une évaluation. En cas de doute, un professionnel peut utiliser un examen manuel ou un biofeedback. Ce dernier fournit un signal visuel ou sonore qui aide à comprendre si le muscle se contracte et se relâche réellement, une approche également décrite par le CHU de Lyon.
Quand renforcer le périnée ne suffit pas
Les exercices sont souvent utiles en cas de fuites urinaires à l’effort, après certains changements corporels ou pour améliorer le contrôle lors des activités sportives. Ils ne constituent toutefois pas une réponse universelle. Un périnée faible et un périnée trop tendu peuvent provoquer des symptômes proches, mais ne se traitent pas de la même manière.Demandez un avis si vous présentez une douleur pelvienne, des rapports douloureux, une difficulté à uriner ou à aller à la selle, une sensation de boule, une pesanteur persistante ou des fuites qui s’aggravent. Dans ces situations, multiplier les contractions sans bilan peut entretenir le problème au lieu de le corriger.
Après un accouchement, une chirurgie pelvienne ou une période d’incontinence importante, la rééducation guidée permet d’adapter les exercices à la force réelle, à la coordination et au contexte. L’Assurance Maladie rappelle que la rééducation périnéo-sphinctérienne peut associer prise de conscience, contractions, relâchement et travail comportemental selon le type de trouble.
Utiliser le périnée dans les gestes du quotidien et le sport
Une fois la contraction maîtrisée au repos, entraînez-vous dans des situations concrètes. Avant de tousser, d’éternuer, de soulever une charge ou de vous relever, faites une contraction brève pendant l’expiration. Le but n’est pas de bloquer le bassin, mais de préparer la zone à une augmentation de pression.
En sport, la coordination est plus utile qu’un serrage permanent. Pendant un squat, un saut ou un mouvement de musculation, expirez au moment de l’effort et gardez une activation légère, sans crispation. Si vous ressentez des fuites, une lourdeur pelvienne ou une gêne après l’entraînement, réduisez la charge et faites évaluer votre technique.
Je conseille aussi de varier les positions. Allongé, le travail sert surtout à apprendre le mouvement. Assis, il devient plus fonctionnel. Debout et en mouvement, il teste la capacité du périnée à répondre aux contraintes réelles de la journée.
Le bon repère pour progresser sans se crisper
Une contraction réussie est discrète, localisée et suivie d’un vrai relâchement. Commencez par quelques répétitions bien contrôlées, respirez normalement et augmentez progressivement la durée ou le nombre de séries.
Si vous n’identifiez pas le mouvement, si les symptômes persistent après 6 à 8 semaines de pratique régulière ou si l’exercice déclenche une douleur, prenez rendez-vous avec un kinésithérapeute ou une sage-femme formé à la rééducation pelvi-périnéale. Le bon objectif n’est pas de serrer toujours plus fort, mais de savoir contracter au bon moment et relâcher complètement ensuite.